Un monde de crobard

Pages roses, pages grises, la mosaïque d'une vie.

12 mai 2008

Lui

Sur un bancParce qu'il a été celui que l'on n'attend pas, le révélateur d'un malaise, et la personne vers qui je pouvais me tourner en sachant que ses intérêts ne prendraient jamais le pas sur les miens ;

Parce qu'il a su panser mes plaies à vif, accepter celles de mes cicatrices trop douloureuses pour être chatouillées, même quand elles lui semblaient dérisoires ou abracadabrantes ;

Parce qu'il a accepté mes hauts et mes bas, en s'inquiétant parfois, mais sans jamais juger, sans jamais oublier que c'était à mon propre rythme qu'il fallait que j'avance, à mon propre rythme que je devais trouver les réponses à mes questions ;

Parce qu'il trouve en moi l'équilibre que je trouve en lui, et que nos désaccords ne nous servent jamais qu'à avancer un peu plus avant l'un et l'autre, sans qu'aucun des deux ne phagocyte ou ne parasite l'autre ;

Parce qu'il a eu la patience, pendant des mois, de n'être pour la femme blessée que j'étais "que" "l'homme du palier", celui que je laissais entrer dans ma vie quand je le souhaitais, mais que je pouvais mettre dehors quand j'avais besoin d'être seule - mais d'être déjà tout cela...

Parce qu'il a su prendre le temps de m'apprivoiser, comme un chat sauvage et blessé, jusqu'à me réapprendre le ronronnement de bonheur et de bien-être ;

Parce qu'il a su me réapprendre, et peut-être même m'apprendre, à me sentir belle, à me sentir fière d'être celle que je suis, avec ses qualités, et avec ses défauts ; parce que, ce faisant, il m'a rendue à moi-même ;

Pour toutes ces raisons, et pour mille autres encore, au premier rang desquelles l'amour et la confiance immenses que j'éprouve pour lui, je suis heureuse que ce soit avec lui que la prochaine grande aventure de nos vies à tous les deux s'écrive....

La grande question !

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07 mai 2008

Le derviche

Des bougies soufflées devant des têtes enfin réunies, sous les rayons des premiers soleils, à peine ternis par l'absence d'une petite princesse, victime d'une varicelle tombée bien mal à propos, et de sa maman, restée avec elle...

Une visite longtemps attendue, des retrouvailles, presque un an après. Trois jours passés à crapahuter dans Paris et Versailles, trois jours et deux soirs passés à papoter, discuter, tchatcher, rire et pleurer et rire encore. Trois jours de bonheur pur, et la promesse faite de traverser bientôt la frontière dans l'autre sens, pour revoir les deux autres tiers de la famille, le grand et le petit...

Quelques heures et beaucoup de kilomètres plus loin, un long week-end en famille. Là aussi, des retrouvailles avec l'aïeule, chez elle, comme promis il y a longtemps, avant la révolte. Et puis de longues et lentes journées au soleil, dans cet endroit que j'ai enfin appris à aimer, cette maison si froide enfin réchauffée par l'amour qu'elle abrite...

Et le soleil, toujours, pour accompagner un morne retour au bureau, avant un nouveau départ...

Je cours, je tourne, je vire, et j'en oublie de venir vous dire bonjour !!! Pfffff.... ;-)

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17 avril 2008

Comme un sourire émerveillé

D'aucuns, ici, me reprocheront peut-être gentiment mon silence à peine écorné de ces dernières semaines. Quoi qu'on en dise, je le soutiens, c'était pour la bonne cause ! (Enfin, non, mais comme j'ai des nouvelles plutôt sympas à partager avec vous, je me dis que je peux quand même tenter ma chance et essayer de faire croire qu'en fait, mon apathie tenait à un agenda de ministre plus qu'à une hénauuuuuurme fatigue pour cause de cycle insomniaque depuis deux bonnes semaines maintenant... Quand une marmotte qui a besoin de ses huit heures chaque nuit que Dieu fait pour fonctionner correctement n'arrive pas à en accumuler plus de trois à quatre, plus de quinze jours d'affilée, forcément, ça donne un hérisson ascendant porc-épic, mais côté neurasthénique, vous voyez ?... Bref.)

Une ambiance plus agréable au bureau (effet bénéfique des premiers rayons de soleil, ou bonne volonté de la part de chacun, concourant à l'installation d'un cercle vertueux ? un peu des deux, peut-être...), une première bonne nouvelle il y a deux semaines, une seconde la semaine dernière, une candidature spontanée qui tombe au bon moment et correspond à des projets en cours de développement, un premier entretien qui se passe étonnament bien pour moi qui ai en horreur l'exercice, un coup de fil dès le lendemain matin pour me demander s'il me serait possible de revenir, d'agréables dîners avec amis ou membres de la famille, la perspective de la venue, tout bientôt, d'une amie chère et trop éloignée... Les beaux moments s'enchaînent, comme si le bon appelait le bon. Et ne serait-ce cette incroyable fatigue qui empèse mes journées, je crois que je ne serai pas loin de trouver la vie quasi-idyllique...

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03 avril 2008

Parce que !

Parce que le soleil brille derrière la vitre,
parce que l'entretien de ce matin avec cette chère Mme de Trémaine s'est presque bien passé (j'y ai bien cru, jusqu'à 5 minutes de la fin... et puis non. Il y a des personnes qui ne peuvent pas s'empêcher de chercher l'affrontement, faut croire !),
parce que je suis suuuuuuuuper motivée pour reprendre un par un les numéros de téléphone de mes six bases de données pour en virer dix et en rajouter quatorze,
parce que l'idée m'a amusée, tout simplement,

voici donc une reprise en forme de questionnaire, histoire de ménager les forces de la convalescente ! ;-)

Ca n'a rien d'une nouveauté, mais en le croisant tout à l'heure chez Katia, je me suis surprise à cocher certains numéros mentalement, tout en riant de ses commentaires. Du coup, je passe à l'acte, "pour de vrai" !
Très traditionnellement, en gras, ce que j'ai fait, en couleur, mes commentaires.

1. Payer votre tournée dans un bar.
2. Nager avec des dauphins dans l’océan.
3. Escalader une montagne.
4. Conduire une Ferrari.
5. Visiter les Grandes Pyramides.
6. Porter une tarentule. Yiiiiikssss.... Rien que la pensée de la chose me hérisse le poil ! Paraît que c'est tout doux, en fait, et que ça chatouille un peu quand ça se met à avancer sur votre main et votre bras, mais sur ce coup-là, vous ne m'en voudrez pas, je me fierai aveuglément à la rumeur !
7. Prendre un bain avec quelqu’un à la lumière des bougies.
8. Dire « je t’aime » en le pensant vraiment.

9. Prendre un arbre dans vos bras. Pour tout avouer, c'était surtout pour essayer de prendre vraiment conscience de la démesure de sa circonférence...
10. Sauter à l’élastique, dans la cour de récré.
11. Visiter Paris.
12. Regarder un orage sur la mer.
13. Rester éveillée toute la nuit pour regarder le lever du soleil. Je ne sais pas si c'était spécifiquement pour regarder le lever du soleil, à la base, mais arrivé à une certaine heure, tu te dis qu'à y être, autant rester jusqu'au bout pour le voir, quand même !
14. Voir une aurore boréale.
15. Aller dans un grand événement sportif.
16. Faire pousser et manger vos propres légumes.
Des tomates cerises. Le seul légume pour lequel mon balcon était assez grand ! (N'empêche qu'elles étaient bonnes, oh !)
17. Mentir.
18. Toucher un iceberg.
19. Dormir sous les étoiles.
20. Changer la couche d’un bébé.
21. Faire un voyage en montgolfière. J'en rêve, en fait. Même rien qu'une toute petite sortie, un baptême pour touriste !
22. Voir des étoiles filantes.
23. Être saoule avec du champagne.
24. Donner plus que vous ne pouviez à une œuvre caritative.
En fait d'oeuvre caritative, c'était un mendiant, et comme j'étais moi-même plus fauchée que les blés fin juillet à l'époque, "plus que je ne pouvais", c'était vite atteint...
25. Observer la nuit avec un télescope.
26. Participer à un record du monde.
27. Faire une bataille avec de la nourriture.
28. Demander votre chemin à un étranger. A l'étranger ! :-)
29. Voir une éclipse totale.
30. Escalader une dune.
31. Écraser un animal en voiture. "Heurter", ça vaut "écraser" ?...
32. Danser comme une folle sans se soucier de qui vous regarde. En même temps, je ne pensais pas qu'on me regardait. Quand je m'en suis aperçue... bah ! qu'est-ce qu'il me restait de mieux à faire que jouer le rôle de celle qui assume farpaitement, Monsieur, et continuer ??
33. Adopter un accent pour une journée entière.
34. Se sentir vraiment heureux, même un court moment.
35. Avoir deux disques durs sur votre ordinateur. Celui de mon ex, en fait.
36. Prendre soin de quelqu’un de saoul.
37. Danser avec un inconnu.
38. Observer les baleines dans l’océan.
39. Voler un panneau.
40. Entreprendre un long voyage sur la route.
41. Escalader des rochers.
Avec la lecture, sans doute l'occupation principale de mon enfance et de mon adolescence !
42. Faire une balade de minuit sur la plage. Tiens, ça fait trop longtemps que je n'ai pas renouvelé l'expérience, d'ailleurs, maintenant qu'on en parle !
43. Faire du parapente.
44. Visiter l’Irlande.
45. Avoir le cœur brisé plus longtemps que vous n’aviez été amoureux.
46. Au restaurant, vous asseoir à une table d’inconnus et manger avec eux. Je me suis retrouvée assise là de force par le patron, que ça désolait de voir "une jolie fille déjeuner seule". Ambiance décontractée garantie...
47. Chanter dans un karaoké. A l'étranger, et en anglais, des chansons dont je ne connaissais pas les paroles. Ou comment vérifier par l'expérience la véracité du dicton selon lequel "le ridicule ne tue pas !"
48. Traîner au lit une journée.
49. Jouer au football.
Contrainte et forcée : cours d'EPS, au collège...
50. Faire de la plongée sous-marine. Un baptême, écourté malgré plusieurs tentatives. Après examen médical, il s'est avéré que je souffrais d'une malformation de l'oreille interne. Je ne verrai jamais les fonds sous-marins de près !
51. S’embrasser sous la pluie.
52. Jouer sous la pluie.

53. Être dans un théâtre de plein air.
54. Visiter la grande Muraille de Chine.
55. Créer votre entreprise.
56. Tomber amoureux sans avoir le cœur brisé.
57. Visiter d’anciens monuments.
58. Suivre un cours d’arts martiaux.
59. Jouer à la XBox pendant 6h d’affilée. Je suis allergique aux consoles et autres jeux de ce type. Chat échaudé...
60. Être marié.
61. Tourner dans un film.
62. Organiser une fête surprise.
63. Être divorcé.
Enfin, bientôt (j'espère !)
64. Ne pas manger pendant 5 jours. Heuuu... C'est mal me connaître, ça !!! Ou alors, c'est que je me tape une super intoxication alimentaire ou un truc du genre, hein...
65. Faire des biscuits à partir d’un sachet tout prêt.
66. Gagner le premier prix à un concours de déguisement.
67. Conduire une gondole à Venise.
68. Etre tatoué.
69. Faire du canoë-kayak.
70. Être interviewée à la télévision.
71. Recevoir des fleurs sans raison particulière. Et c'est aussi agréable que d'en offrir sans raison particulière, dites donc !
72. Jouer sur une scène.
73. Être à Las Vegas.
74. Enregistrer de la musique.
75. Manger du requin.
76. S’embrasser dès le premier rendez-vous. Lors du premier rendez-vous "en privé" ; les manoeuvres d'approche avaient été réalisées depuis longtemps déjà...
77. Être en Thaïlande.
78. Acheter une maison. Un appartement. Dont je n'ai pas profité très longtemps, d'ailleurs... (cf. point 63)
79. Enterrer un de vos parents.
80. Faire une croisière.
81. Parler plus d’une langue couramment.
82. Élever des enfants.
83. Suivre votre chanteur favori en tournée.
84. Faire une randonnée en vélo dans un pays étranger.
85. Déménager dans une autre ville pour une nouvelle vie. Deux fois déjà. Au moins.
86. Manger des fourmis. Alors là, ça va pas êt' possib', mon bon Monsieur ! Vraiment...
87. Marcher sur le Golden Gate Bridge.
88. Chanter à tue-tête dans votre voiture et ne pas avoir arrêté alors que vous saviez qu’on vous regarde.
89. Subir de la chirurgie esthétique.
90. Survivre à un accident duquel vous auriez pu ne pas survivre.
91. Écrire des articles pour une grande publication.
92. Perdre plus de 18 kg.
93. Soutenir quelqu’un qui perdait connaissance.
94. Piloter un avion. C'était un tout petit coucou, un Cessna, et le pilote officiel était juste à côté, prêt à reprendre le contrôle en cas de besoin. Mais c'était tout simplement magique...
95. Toucher une raie vivante.
96. Briser le cœur de quelqu’un.
97. Aider un animal à donner naissance.
98. Gagner de l’argent à un jeu télévisé.
99. Vous casser un os.
100. Percer une autre partie de votre visage que les oreilles.
101. Utiliser un revolver ou autre arme à feu. J'ai souvenir de tirs au 22 Long Riffle dans le fond du jardin... Je n'étais pas très douée, je dois l'avouer. Sans doute parce que ça ne m'intéressait pas.
102. Monter un cheval.
103. Subir une importante opération.
104. Avoir un serpent comme animal de compagnie. Cf. points 6 et 86. Et appelez-moi "Indiana Jones" !
105. Dormir plus de 30h d’affilée. A moins d'être en cure de sommeil artificiel, je ne savais même pas que c'était humainement possible, dites donc !!
106. Visiter tous les continents.
107. Faire une randonnée en canoë de plus de 2 jours.
108. Manger du kangourou.
109. Manger des sushis.
110. Avoir votre photo dans le journal.
Avec le reste de ma chorale, quand j'étais mouflette. Ben quoi ?!?
111. Changer l’opinion de quelqu’un à propos de quelque chose qui vous tenait vraiment à cœur. Pas en connaissance de cause, en tout cas. Enfin, pas à ma connaissance !
112. Reprendre vos études. Des études, non diplomantes, dans un domaine à 100 lieues de celles que j'avais faites. Et j'ai aimé chaque jour que j'ai eu la chance de pouvoir y consacrer...
113. Faire du parachute.
114. Porter un serpent. Indiana Jones, toujours...
115. Construire votre PC à partir de différents morceaux.
116. Raser votre tête.
117. Sauver la vie de quelqu’un.

Total : 51 sur 117, soit 43,6%.
Alors, d'autres parmi vous souhaitent-ils se piquer au jeu ?...

(Et merci pour ce si joli bouquet que vous m'avez composé !...)

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27 mars 2008

Pas envie

Des photos qui attendent dans un dossier d'être transférées sur Canalblog...
Des moments à raconter ou évoquer, certains précieux, d'autres quelconques, d'autres plus difficiles peut-être...
Des mots plein la tête, mais pas envie.

Pas envie de bloguer. A peine celle de vous lire.

Mal partout, la nuque raide, la gorge irritée, un orchestre symphonique en plein accordage dans la tête.
Et de retour au bureau...

"Je vais bien, tout va bien..."

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20 mars 2008

Lutte de saison

L'hiver ne veut pas céder sa place au printemps, quoi qu'en dise le calendrier. Les bourgeons colorent les branches de vert tendre, mais le froid, vif et pinçant, domine pourtant l'air, que le soleil n'arrive pas encore à réchauffer. La vie s'éveille et bouillonne, mais ne parvient pas encore à faire éclater la gangue immobile de l'hiver.

Il en est de moi comme de la nature. Ca bouge, là-bas, tout au fond, ça perce même parfois la surface, maladroitement, comme en témoigne cet eczéma spasmodique qui teinte mes paupières et le creux de mes coudes de rouge, comme le crient mon mal-être et mes bouffées de désespoir. Ca bouge, mais l'écorce est épaisse, les vieux réflexes bien ancrés. Ca bouge, et ça finira par gagner. Mais pas tout de suite, pas encore...

Mademoiselle, 29 décembre 2007Ce week-end, j'irai me noyer au fond d'yeux aussi clairs et purs que l'air autour d'eux ; ce week-end, j'irai prendre une leçon de vie et d'essentiel auprès d'une petite fille de 18 mois. Ce week-end, j'irai jongler entre amour et énervement auprès de celui qui m'est à la fois trop proche et trop étranger pour que nos relations soient celles dont je rêve. Ce week-end, j'essaierai de me souvenir du sens des mots "patience" et "lâcher prise"...

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Matin calme

Sieste sur le fauteuil, 04 mars 2008Ils dorment, confiants. Il y a eu le bruit des griffes sur le plancher, les pattes posées sur le bord du lit pour voir si j'étais réveillée, pour voir si on avait le droit le monter. Il y a eu la quotidienne compétition pour les câlins et l'attention, l'une à grand renfort de petits miaulements apitoyants, l'autre par une débauche d'énergie insoupçonnée, chaque jour renouvelée. Et puis chacun s'est installé : moi dans le canapé, elle dans mon cher fauteuil crapaud, protégé de ses poils si doux par un plaid de coton marine, et lui, au frais, à même le parquet. Ils dorment, confiants. Ils se réveilleront dès que je bougerai pour aller jusqu'à la cuisine me préparer un café au lait, un thé ou bien un chocolat chaud, en fonction de l'humeur du jour. Guetteront l'éventuelle friandise, la croûte de pain avec laquelle elle jouera, celle qu'il avalera, très vite : on ne joue pas avec la nourriture, dans son monde à lui ! Et, le petit déjeuner terminé, ils grapilleront encore quelques caresses, et se rendormiront.

Ils dorment, confiants et rassérénants. Je commence aujourd'hui mon traitement.

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19 mars 2008

Le don de la vie

Le rendez-vous avait été pris il y a longtemps, déjà. Déjà repoussé une fois, je n'avais pas eu envie de le décaler à nouveau. C'était trop important. Pour moi, pour d'autres aussi, peut-être. Alors, un coup de fil m'a permis de vérifier que le traitement antibiotique de ces derniers jours ne gênerait en rien, et ce midi, j'ai pris le chemin de la Pitié-Salpêtrière, pavillon Lavéran.

Un dossier, un rendez-vous avec le plus adorable des médecins qui soit et quatre tubes de sang plus tard, l'infirmière m'a fait mon bandage en me disant, rigolarde : "un gros pansement pour une petite piqûre !". "Oh, c'est pour nous donner l'impression que nous sommes braves..." Elle est devenue très sérieuse, tout à coup, et m'a répondu : "Mais c'est  courageux, ce que vous êtes en train de faire !" Ah ? Est-ce vraiment cela, le courage ?

Ce midi, j'ai finalisé mon inscription sur le registre des donneurs de moelle osseuse. Ca m'a demandé une demi-heure de mon temps, et quatre tubes à essai de sang - moins que pour un don du sang classique. Je n'y vois ni courage, ni militantisme. Simplement, au fond, de la reconnaissance, parce que malgré ma petite santé de ces deux dernières années, qui me fait attraper tous les virus hivernaux qui passent, je n'ai à me plaindre d'aucune pathologie sérieuse. Les lois de la génétique ont fait de moi une donneuse universelle, et je ne crois pas que les notions de "progrès de la médecine" et de "solidarité" doivent rester de belles idées sans application pratique. Alors oui, j'essaye de donner mon sang régulièrement, j'ai fait connaître autour de moi mon désir, au moment de mon décès, de voir mes organes utilisés pour sauver des vies, s'ils peuvent l'être, et j'ai demandé mon inscription au fichier international des donneurs de moelle osseuse.

Don du sangLes établissements hospitaliers manquent cruellement des différents produits sanguins : sang, plaquettes, plasma... Donner votre sang prendra environ une demi-heure de votre temps. Donner vos plaquettes, environ trois heures. Votre plasma, deux. Malheureusement, ces produits ne se conservent pas : 42 jours maxi pour les globules rouges. Le sang, c'est la vie. Donner régulièrement, c'est permettre de sauver des vies, sans autre coût qu'un peu de temps passé dans un centre de transfusion, régulier ou mobile, et une piqûre. (Quelqu'un pourrait-il d'ailleurs m'expliquer pourquoi les piqûres de prélèvement sanguin me laissent moins de bleus que des piqûres d'injection de médicaments ou de vaccins ??)

Bref, au risque de paraître gnan-gnan : donnez. Donnez votre sang, au moins deux fois par an si vous le pouvez. Donnez votre moelle osseuse (ou au moins la possibilité de faire appel à vous en cas de besoin). On sort de là fier de soi. A juste titre.

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18 mars 2008

Le fond ?

Il y a eu un dimanche passé dans un bureau de vote pas chauffé. Il y a eu des élections remportées dès le premier tour, pour la première fois et sans y croire. Il y a eu une euphorie qui ne réfléchit pas et demande l'impossible, il y a eu tous ces imprévus qu'on aurait préféré ne pas connaître justement à ce moment-là. Il y a eu une semaine mouvementée, il y a eu une angine relayée, il y a eu des obligations auxquelles il n'était pas possible de se soustraire. Il y a eu une visite chez le médecin et un traitement de cheval, il y a eu un deuxième dimanche dans un deuxième bureau de vote, toujours pas chauffé. Il y a eu la volonté de retourner au bureau, malgré tout. Il y a eu une tête trop légère, il y a eu des jambes trop molles, il y a eu une énergie chancelante, il y a eu un retour à la maison et une après-midi passée sous la couette, à dormir et dormir encore. Il y a eu un tour de cadran, il y a eu un réveil embué de larmes. Il y a eu un retour chez le médecin, il y a eu une auscultation longue, il y a eu des examens faits et refaits et recommencés encore, il y a eu une voix douce mais ferme, et des questions qui ont gratté là où on espérait qu'elles n'iraient pas.

Il y a un arrêt maladie, encore. Et un traitement de longue haleine, un pari sur l'avenir.

Et l'espoir que, comme mon lilas malmené par la tempête il y a quelques semaines, un jour, les fleurs éclosent malgré tout...

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12 mars 2008

L'adieu aux armes

Lazare PonticelliIl est mort ce matin, parmi les siens, ainsi qu'il l'espérait. Il avait 110 ans, et c'était le dernier Français à avoir connu "la der des der"... qui fut malheureusement loin d'être la dernière. Il est mort ce matin, quelques années trop tard à son goût, lui qui n'aspirait qu'à rejoindre sa femme, depuis trop longtemps disparue. Il est mort ce matin, et j'ai du mal à réaliser qu'en France, la dernière mémoire vivante de l'horreur des tranchées s'est éteinte, du mal à réaliser que plus jamais, le vieil homme ne recevra d'enfants des collèges et lycées des environs pour leur raconter son expérience, et son amour pour ce pays qu'eux-mêmes connaissent parfois si mal.

Aujourd'hui, ils ne sont plus que huit survivants de la Grande Guerre à travers le monde. Huit hommes sur combien de millions qui sont partis, et dont un sur deux n'est jamais revenu ?...

Adieu, Monsieur Ponticelli. Votre présence me manquera, c'est sûr.

(Et une pensée particulière pour Calpurnia la gentille sorcière, dont l'histoire de la photo de mariage me fait frémir d'horreur à chaque fois que j'y pense... Et je m'efforce d'y penser régulièrement, pour ne jamais courrir le risque d'oublier.)

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