Un monde de crobard

Pages grises et roses d'une vie ordinaire.

08 février 2009

Un autre rythme

EnveloppesLe courrier, déposé au bureau de poste samedi matin, ne partira pourtant que lundi : nous avons raté la levée. Officiellement, ma lettre arrivera donc trop tard pour pouvoir prendre effet comme je le souhaite. Mais, là-bas, ils sont prévenus, et la jeune femme chargée du suivi des arrêts m'en a assurée vendredi, quand j'ai découvert que je ne disposais pas de cinq semaines encore pour me décider, mais de vingt-quatre heures à peine : "Oh, du moment qu'elle arrive en début de semaine, ce n'est pas bien grave !"

Alors, vendredi soir, au retour d'une longue journée de travail pour l'Amoureux, la décision, déjà évoquée auparavant, et laissée en suspens, a cette fois été prise, ensemble : nous n'attendrons pas une hypothétique et improbable place en crèche au printemps. Notre petit Acrobate restera à la maison avec sa maman six mois de plus. Ou sa maman, avec le petit Acrobate. "Congé parental d'éducation". Reste à déterminer qui éduque l'autre...

Ai-je le droit de dire qu'elle m'a fait peur, cette décision ? Oh ! pas tant pour l'aspect "mère au foyer". Je ne crois pas que ce serait un choix de vie judicieux pour moi dans le long terme, mais pour six mois, six mois de printemps et d'été, six mois de jours qui rallongent et embellissent, six mois à regarder s'éveiller à la vie mon tout, tout petit bébé, je ne me pose pas trop de questions. Il en irait peut-être autrement si j'avais un travail passionnant et épanouissant, ou si je savais que mon absence laisserait un vide tel au sein de l'équipe que c'en serait un réel problème. Je sais que ce n'est pas le cas, pas au plan professionnel en tout cas.
Financièrement, la solution ne nous reviendra vraisemblablement pas plus cher que la crèche : le salaire de l'Amoureux étant bien supérieur au mien, nous relèverions sûrement d'une des tranches les plus élevées du quotient familial. Il est donc probable que le coût de la crèche serait à peu près le même que le manque à gagner entre mon petit salaire et les allocations versées par la CAF pour les six premiers mois du congé parental. Seule différence (mais qui, psychologiquement, fait toute la différence) : au lieu que les sous rentrent des deux côtés, et que ce soit un chèque tiré sur le compte commun qui vienne nous soulager des frais de garde du bébé, ledit compte commun sera "seulement" moins alimenté de mon côté, faisant peser l'essentiel des charges financières sur les seules épaules de l'Amoureux. On est d'accord, au final, le résultat est à peu près le même - mais dans ma tête, c'est très différent, déjà...
Alors ? pas de regrets d'un point de vue professionnel (au contraire, cette parenthèse devrait aussi me permettre de mettre les choses à plat de ce côté-là, et de chercher un nouveau poste, plus en adéquation avec mes attentes et mes besoins), pas de différence au niveau financier... Où est donc le problème ?

Non, ce qui m'a fait peur, c'est le regard de l'Amoureux sur ce "rab de congés". Fantasme négatif né de mon histoire passée, à l'ombre d'un homme vénéneux, qui avait érigé au rang d'art le dénigrement de l'autre.
Alors, dans ses yeux, j'ai eu peur de lire "parasite", ou "mère poule". Dans ses yeux, j'ai eu peur de lire une critique, un jugement.

Il m'aura fallu insister pour discuter de ce choix avec lui, entendant dans son acceptation rapide (trop rapide ?) une résignation à une solution qui lui aurait été imposée. Il m'aura fallu lui dire mes peurs et mes craintes, lui parler à nouveau des fantômes qui hantent encore mon coeur et ma tête, il m'aura fallu accepter une nouvelle fois de m'ouvrir, de me livrer en confiance.
Et une nouvelle fois, ses bras se sont ouverts pour accueillir ma peine et mes pleurs, et son coeur a répondu au mien, pour me dire que si la conversation se terminait si rapidement, ce n'était pas parce qu'il la fuyait ou qu'il subissait, mais tout simplement parce qu'elle n'avait pas lieu d'être à ses yeux, que plus il y avait pensé, et plus cette solution lui avait paru être la meilleure, pour l'Acrobate, pour moi, et pour lui, qu'il était soulagé de savoir notre fils avec moi pour six mois de plus, plutôt qu'avec des étrangers, heureux de savoir que nous pourrions passer un peu plus de temps tous ensemble aux prochaines vacances, qu'avec un peu de chance, ce serait aussi l'occasion pour moi de reprendre pied dans la vie professionnelle dans de meilleures conditions...

En septembre, je laisserai mon fils à la garde de quelqu'un d'autre. D'ici-là... D'ici-là, je compte bien vivre sur un autre rythme, celui de sa vie qui commence, et engranger les moments de bonheur, comme autant de doux et chauds petits cailloux à garder dans ma poche et à faire couler entre mes doigts des jours moins roses...

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04 janvier 2009

8 jours

8 jours,
95 tétées,
36 couches,
une bonne centaine de rectangles de coton (pour les fesses),
une trentaine de compresses (pour les yeux et le cordon),
une dizaine de lessives,
et un amour qui grandit, infiniment...

Qui a dit que le bonheur, ça devait être compliqué ?...

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11 décembre 2008

Absence

Il enchaîne des journées de 12 à 14 heures depuis trois mois, parfois cinq, parfois six jours par semaine, et n'a pas su profiter de la dizaine de jours de vacances qu'il avait au mois de novembre pour décompresser. Il va devenir père d'ici quelques jours, et oscille entre enthousiaste impatience et stress caractérisé. Il me harcèle de questions sur mon état, me répète trois fois en deux minutes trente, "tu n'as pas de contractions, tu es sûre ? Ca va, tu es sûre ?" Il est inquiet et hyper-protecteur, mais râle de devoir faire le ménage, et ne s'étonne pas que ce soit moi qui continue à faire les courses, chaque semaine. C'est un homme, plein de contradictions, souvent attentionné, pas toujours attentif.

Ce soir, il est sorti, et je ne sais à quelle heure il rentrera. J'aurais aimé une soirée de tendresse dans ses bras ; je n'aurais eu qu'une soirée à côté de lui, qui nous aurait l'un et l'autre laissés frustrés. Alors je lui ai fait mon plus beau sourire de dénégation quand il m'a demandé si vraiment, ça ne me gênait pas qu'il aille à son entraînement. Et je vais aller me coucher, seule, sans attendre le SMS qui m'annoncera que finalement, il va se joindre au reste du groupe pour un resto "de Noël".
Mais pourquoi cette envie de pleurer ??

Dur drame de pauvre petite fille riche...

Edit du 13.12, suite à vos commentaires convergents : Oh non, mesdames, pas de rancoeur - juste de la tristesse face à des différences d'envies parfois inévitables. Ce n'était pas de sa part un caprice, mais un besoin que d'aller à l'entraînement, délaissé depuis plusieurs semaines. Besoin de se dépenser physiquement, besoin d'évacuer tout le stress accumulé. J'aurais effectivement pu lui demander de rester, et il l'aurait fait, bien volontiers. Mais qu'y aurions-nous gagné ? Nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes. Nous aurions donc vraisemblablement passé la soirée côté à côte, mais pas véritablement ensemble. Et j'aurais été encore plus déçue de l'avoir fait renoncer à ce dont il avait envie pour quelque chose qui n'était pas ce dont moi, j'avais envie... Ce dont j'avais envie, hier soir, n'était tout simplement pas dans l'air du temps ; il avait besoin d'un moment pour lui, et moi, j'avais besoin de me laisser aller dans ses bras. Je progresse : je sais désormais m'en rendre compte. Qui sait ? peut-être, un jour, saurai-je également y renoncer sans pincement au coeur ??...

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26 novembre 2008

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre...

La JusticeIl aura fallu quelques années pour que me lancer dans cette démarche soit possible, quelques mois supplémentaires pour collecter les pièces nécessaires, et quelques mois encore pour qu'un juge, submergé de dossiers, m'accorde une audience pour statuer sur ma demande. Quelques heures d'attente encore, et ce soir, me voici "ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre", tant il est vrai que notre identité nous définit. Ce soir, alors que je n'ai encore aucun papier pour en témoigner, ma vie change, un tout petit peu, énormément...

Code civil
Livre Ier : Des personnes
Titre II : Des actes de l'état civil
Chapitre II : Des actes de naissance
Section II : Des changements de prénoms et de nom

Article 60 : Toute personne qui justifie d'un intérêt légitime peut demander à changer de prénom. La demande est portée devant le juge aux affaires familiales à la requête de l'intéressé ou, s'il s'agit d'un incapable, à la requête de son représentant légal. L'adjonction ou la suppression de prénoms peut pareillement être décidée.
Si l'enfant est âgé de plus de treize ans, son consentement personnel est requis.

(Et comme certaines choses ne changent décidément pas, il est confirmé que, malgré mon changement d'état-civil, ma scoumoune personnelle me demeure bien associée : si la connexion à Internet existe à nouveau dans mon petit monde, mon PC a décidé de faire une grève des composants... au hasard, de la carte réseau ! Grmblll...)

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06 septembre 2008

En pointillés

"En pointillés" - c'est ainsi que semble s'écrire ma vie ces derniers temps.

Le déménagement s'est passé. Bien, je n'irai peut-être pas jusqu'à le dire, mais disons qu'il s'est passé, sans dégénérer en engueulade monumentale ou règlement de vieux comptes entre les déménageurs. Arrivés à 7 heures du matin pour les premiers, ils ont travaillé comme des dingues, mais n'ont pu finir avant 21 heures. Depuis, nous vivons dans une forêt de cartons.

Parce que le pire, dans un déménagement, c'est qu'on en n'a pas fini quand le déménagement proprement dit est passé. Non. Il a fallu tout mettre en cartons avant, subir le bazar du déménagement lui-même, et ensuite, alors que tout le monde est bien fatigué, il faut encore trouver une nouvelle place à tout ce qui se trouve dans lesdits cartons. Suffisamment vite pour ne pas devenir chèvre, suffisamment lentement pour faire les choses de manière sensée, et ne pas avoir à recommencer plus tard. (Et non, Monsieur mon Amoureux, les couverts dans le placard du salon, parce que dans la nouvelle cuisine, il n'y a pas de tiroirs, c'est non. Je te l'accorde, il y a de la place. Mais non. NON.)

Et puis la vie fait que les choses ne vont pas toujours comme on voudrait qu'elles aillent. Un nouveau poste pour l'Amoureux, de nouvelles responsabilités, de nouveaux repères à prendre. On savait que ce serait dur. On n'avait pas prévu qu'on lui aurait miné le terrain, et qu'en fait de dur, ça allait plutôt être le 2e cercle de l'Enfer.
Alors il a fallu répondre aux doutes, recadrer les paniques, adoucir les journées, apaiser les culpabilités, et avancer seule, parce qu'il faut que les choses avancent, et que personne d'autre ne peut le faire. Il a fallu, en parallèle, gérer une situation de plus en plus plombée au bureau, accomplir en deux heures le travail de deux jours pour ne pas que roulent des têtes qui ne méritaient pas un tel traitement, faire des journées de dix heures au lieu des six et demi prévues pour une femme enceinte, et ne pas perdre le nord. Et puis il a fallu gérer le stress d'un double rendez-vous qui se rapprochait inéluctablement, et dont on appréhendait les conclusions.

Et puisqu'on avait décidé de voir les verres à moitié pleins plutôt qu'à moitié vide, les nouvelles sont donc plutôt bonnes : l'acrobate va bien, il grandit et grossit gentiment (enfin, il grandit, surtout !), et ça, c'est l'essentiel. Du côté de l'interface, verre à moitié plein, verre à moitié plein : ça a bougé. Enfin ! Pas de beaucoup, soit, mais enfin, le placenta a commencé son ascension. Une ascension lente, dont le rythme actuel ne serait suffisant que si je me transformais soudainement en éléphante, mais une ascension malgré tout. Tout n'était donc pas si sombre.

Et puis il y a eu le second rendez-vous, un jour de fatigue, un jour de trop grande sensibilité. Il y a eu mes larmes, mes tentatives désespérées pour expliquer la situation à cette femme en qui j'ai pourtant toute confiance. Et le verdict : arrêt, mais temporaire. Quinze jours, le temps de me reposer, de trouver mes repères dans cette nouvelle vie, le temps que les choses s'apaisent un peu autour de moi. Quinze jours, pas plus, parce que "pour une femme active, habituée à une vie sociale, un arrêt prolongé est souvent plus néfaste qu'autre chose, d'un point de vue psychologique".
Comment lui dire que, si j'entends bien ce qu'elle dit, pour avoir subi, dans une autre vie, un cantonnement forcé dans mes quatre murs pour cause de chômage perdurant, en l'occurrence, c'est plutôt la perspective de devoir, dans deux semaines, refaire chaque jour deux heures de trajet en bus pour retrouver un cadre professionnel qui n'a déjà rien d'épanouissant en temps normal, mais où l'atmosphère déjà plombée actuellement ne va pas s'améliorer dans les jours à venir, qui me panique ? Comment lui dire que, si cet entre-deux-eaux est pénible pour moi, en m'interdisant de mettre ma conscience au repos, en m'interdisant de débrancher, en m'interdisant de me dire "voilà, c'est fini, maintenant, on se concentre sur le reste", il l'est aussi pour mon employeur, pour ma chef, à qui on va refuser un remplacement anticipé, puisque, voyons, dans deux semaines, je reviens !, et pour mes collègues qui, du coup, vont devoir assumer une charge de travail supplémentaire ?
Et pourquoi, si elle estime que dans 15 jours, je serai en état de reprendre le travail, cette dernière phrase, au moment de me dire au-revoir : "et puisque vous y retournez cet après-midi [au bureau, pour boucler les dossiers en cours et récupérer mes affaires], n'oubliez pas de prendre vos effets personnels !" ?...

Je suis sortie de chez elle perdue. Noyée dans ce dont j'avais bien conscience que ce n'était que des détails, mais noyée malgré tout. J'ai pleuré au téléphone, me suis demandée quoi faire, et puis je suis retournée au bureau. J'ai rangé mes dossiers papier, archivé mes dossiers informatiques, fait faire une copie pour moi, briefé la collègue qui va assurer l'intérim en attendant mon remplacement, rangé toutes les babioles personnelles accumulées au fil des mois dans des boîtes. Et tiré ma révérence, en ayant fait en une (longue) après-midi de présence plus que mon horaire journalier officiel.

Dans deux semaines, je retournerai donc voir le médecin, comme elle me l'a indiqué. Mais, puisqu'il s'agit de prendre en compte des considérations autant psychologiques que physiologiques, si j'en crois sa logique, alors, j'irai voir celle qui me connaît le mieux, au quotidien : ma généraliste. D'ici-là, j'ai des cartons à ranger, doucement, des poilus à câliner, tendrement, et du repos à prendre, égocentriquement.

Et une connexion Internet à rétablir, si je veux arrêter d'avoir à squatter le bureau de l'Amoureux (qui ne veut même pas reconnaître ma clé USB, le méchant !) pour vous rendre visite ! ;-)

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24 août 2008

Retour

J'aurais voulu, pour mon retour après un silence prolongé, vous faire un billet bucolique.
Je vous aurais parlé des vacances, du farniente  pour la première fois total, et sans ennui, à ma grande surprise. Je vous aurais raconté le soleil de Corse, le vent qui rend l'air respirable malgré la chaleur, la douce température de la piscine, puisque je n'avais pas le droit de courir les plages, le calme et la gentillesse de nos hôtes, le fromage de brebis, la confiture de figues et les canistrelli. Je vous aurais subrepticement glissé que ça y était, notre acrobate était pourvu d'une identité, le papa s'étant rangé en riant à mes arguments (éminemment scientifiques bien sûr !). Je vous aurais aussi dit le premier coup de blues au retour sur le continent, parce que le plus gros des vacances est déjà passé, et puis parce que de Nice à Toulouse, la route est longue, même quand on fait une coupure de plusieurs heures, le temps de grignoter un morceau et de rattraper des années de retard avec des cousins trop longtemps délaissés de l'Homme. J'aurais par contre glissé sur la météo instable au mieux, triste comme un mauvais jour d'automne au pire, qui rythme mes journées depuis ce jour, vu que vous êtes sûrement abonnés au même menu. Je vous aurais parlé des quelques jours passés auprès de celle qui m'a donné la vie, et chez qui mon petit locataire s'est manifesté pour la première fois. Je vous aurais dit la beauté et la paix des pinèdes colorées de bruyères, la douceur du quotidien et l'agacement à voir les jours défiler trop vite. Je ne sais, par contre, si j'aurais évoqué pour vous ma lassitude à la dernière étape du voyage, les mauvaises nuits sur un lit trop mou, les tensions avec cet homme de mon sang dont pourtant je me sens si proche, mais avec qui je n'ai cessé de croiser le fer pendant ces quelques jours, et ma hâte de rentrer, de poser enfin les valises, d'être chez moi - en oubliant que ce "chez moi" sera bien éphèmère, puisqu'un nouveau déménagement s'annonce avant la fin du mois...

Souvenirs de vacances, été 2008

Au lieu de quoi je reviens vers vous avec un billet gris, un billet couleur du temps. Un billet dans lequel je n'arrive à mettre que ma fatigue, si vite revenue après quatre journées passées au bureau, mon stress devant ce déménagement qui se prépare, presque sans moi puisque je suis interdite de cartons, mon manque d'envie pour la semaine qui s'annonce, ma peur des rendez-vous de ce début septembre...

Mon petit acrobate va bien, il gigote comme un beau diable, fait des pirouettes et des cabrioles, et réagit à nos voix et à nos caresses. Malheureusement, il réagit également à mes tensions, qui sont revenues à peu près 30 fois plus vite que je n'avais réussi à m'en débarrasser - ou comment réduire à néant en une journée de bureau les bienfaits de près d'un mois de vacances...
Alors c'est dit : je me donne la semaine pour boucler mes dossiers en cours, puisque plusieurs collègues reprennent et pourront donc assurer le relais sur le quotidien du service (répondre aux coups de fil, régler les petits problèmes qui surgissent inopinément, etc). Moi, je rédige mon rapport d'activité pour Mme de Trémaine, je lui prépare le tableau dont elle a besoin pour une réunion début septembre, je fais mes fiches pour que celui ou celle qui me remplacera sache ce qu'il doit faire, et comment le faire, je vois le Big Boss pour faire le point avec lui sur mon avenir éventuel, je range mon bureau et mes dossiers, je sauvegarde tout ce dont je veux garder une copie à titre personnel, et une fois tout ça fait, si je vois que la situation ne s'améliore pas, que je suis toujours aussi tendue, aussi sur les nerfs, je tire ma révérence.

Maintenant, si dans la théorie, je suis tout à fait convaincue, il suffit que j'essaye de m'imaginer devant le médecin, et je perds tous mes moyens. Alors, si l'une de vous pouvait me donner une méthode pour surmonter ma mauvaise conscience et mes scrupules, je serais preneuse...

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04 juillet 2008

Tempo fugit

Les jours et le temps passent. Juin est venu, et déjà, juin s'en est allé.

Juin. Le mois des vacances d'été toutes proches, des températures clémentes, des jours plus longs. Le mois des envies de nouvelles petites robes, des rêves d'après-midi en terrasse, d'école buissonnière. Le mois des premiers pique-niques, des barbecues avec les amis, le mois des fraises et des framboises, fruits-stars de toutes mes tartes d'anniversaire d'enfant. Car oui, juin, le mois de ma naissance. Juin, sûrement mon mois préféré, sûrement pour toutes ces raisons, et pour plein d'autres encore.

Et puis, juin, c'est le mois des cadeaux. Ceux à l'apparition desquels on s'attend un peu, rapport à la bougie de plus sur le gâteau (même quand, le jour dit, on n'a croisé ni l'ombre d'un gâteau, ni la silhouette d'une bougie), mais qu'on découvre toujours avec le même plaisir enfantin. Peut-être parce que mes proches, parents et amis, savent que pour moi, rien ne vaut la surprise - c'est-à-dire la reconnaissance de l'effort qu'ils ont mis à chercher et trouver quelque chose qu'ils ont jugé susceptible de me faire plaisir. Alors il y a les tricheurs, ceux qui vont piocher dans une "wish list" Amazon, et en rapportent ceci :

Les bordures en tricot

Intemporels pour bébé

La pédagogie Montessori à la maison

Et puis qui se consolent que leur surprise ait été éventée quand j'ai consulté ma liste pour y ajouter de nouvelles envies, en sortant fièrement de leur manche un petit cadeau rapporté d'un récent voyage à l'étranger, dans la veine de ceci...

Coeur en verre de Murano

Il y a ceux (ou plutôt celles) qui pensent "utile", qui pensent "pratique", qui pense "petits bobos de femme enceinte", et qui investissent pour mon confort dans un surmatelas qui me permettra de passer de meilleures nuits...
Il y a, aussi, celles qui connaissent mon goût immodéré pour les livres, et font d'une pierre deux coups...

100 petites expériences de psychologie pour mieux comprendre votre bébé

Et puis il y a ceux qui décident de s'inviter pour la fête, et qu'on rencontre avec le coeur dans les étoiles...

Petit(e) acrobate
Et hop ! un p'tit coucou au passage !...

Quand je vous dis que juin, c'est le mois des cadeaux, sûrement mon mois préféré... Vous avouerez qu'il y a de quoi, non ?!?

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01 juin 2008

Rencontres ensoleillées

Une âme-soeur croisée dans le couloir d'un dortoir désert il y a 10 ans, une vie partagée pendant un trop court semestre, et l'une qui retraverse l'Atlantique tandis que l'autre reste derrière, dans une chambre devenue trop grande, trop vide... La vie qui s'amuse, qui nous offre des opportunités sans nous donner vraiment l'occasion de nous voir. Des rendez-vous manqués, et une seule rencontre en dix ans, à mi-parcours, une courte après-midi. Et puis, il y a quelques semaines, ce court message : "serais-tu à Paris à la fin mai, par chance ?"
Alors, par un beau dimanche matin, c'est devant le musée Rodin que les deux amies se sont retrouvées, et que chacune a fait la connaissance du compagnon de l'autre, avant de plonger avec délice dans la découverte de l'expo Camille Claudel, dans la redécouverte, pour la première fois ensemble, des jardins et du musée...

Musée Rodin, Paris, 25 mai 2008 - les jardinsMusée Rodin, Paris, 25 mai 2008 - Toilette de Vénus
Musée Rodin, Paris, 25 mai 2008 - les trois musesMusée Rodin, Paris, 25 mai 2008 - Balzac

Et si je vous dis que la magie s'est prolongée jusque tard dans la nuit ? Parce que le plaisir d'être avec ceux qu'on aime ne devrait jamais connaître de fin...

Il est des rencontres, des retrouvailles, qui redonnent du goût à la vie. Ma semaine a été riche de ces bonheurs. Pussé-je ne pas les oublier !

(Et en guise de clin d'oeil à celle qui m'a nourrie ce jeudi, un aperçu de mon dîner d'hier...)

Légumes, 31 mai 2008

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22 mai 2008

Enfantillages

Des paupières qui se font lourdes, mais une tête qui refuse l'idée d'aller se coucher : il y a tellement mieux à faire que de dormir !!

Des adresses mail à consulter, des messages à envoyer, des sites à explorer, des blogs à découvrir (ou à redécouvrir), des listes à élaborer, de ces listes dont on ne sait, en fin de compte, si elles font du bien, ou si elles servent essentiellement à réveiller quelques douleurs enfouies.
PeloteDes listes d'idées, de cadeaux qu'on aimerait bien un jour s'offrir ou se voir offrir. Des listes de livres, des listes de fils chatoyants, des listes qui ont toujours un prix, et dont le prix est toujours trop élevé pour une toute petite bourse. Il fût d'autres temps, d'autres cieux, où celle-ci se trouvait mieux remplie. Souhaiterait-on pour autant retrouver cette époque ? rien n'est moins sûr... D'ailleurs, une invitation à poser notre candidature pour un poste similaire n'est-elle pas arrivée dans une boîte aux lettres récemment, et n'a-t-elle pas été déclinée ? Repartir à l'étranger... L'envie manque sérieusement, et puis, le moment ne serait pas vraiment bien choisi...

Alors, pour l'instant, on se contente de profiter des petits bonheurs de la vie, de rêver en faisant des listes, avant d'aller enfin se coucher...

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12 mai 2008

Lui

Sur un bancParce qu'il a été celui que l'on n'attend pas, le révélateur d'un malaise, et la personne vers qui je pouvais me tourner en sachant que ses intérêts ne prendraient jamais le pas sur les miens ;

Parce qu'il a su panser mes plaies à vif, accepter celles de mes cicatrices trop douloureuses pour être chatouillées, même quand elles lui semblaient dérisoires ou abracadabrantes ;

Parce qu'il a accepté mes hauts et mes bas, en s'inquiétant parfois, mais sans jamais juger, sans jamais oublier que c'était à mon propre rythme qu'il fallait que j'avance, à mon propre rythme que je devais trouver les réponses à mes questions ;

Parce qu'il trouve en moi l'équilibre que je trouve en lui, et que nos désaccords ne nous servent jamais qu'à avancer un peu plus avant l'un et l'autre, sans qu'aucun des deux ne phagocyte ou ne parasite l'autre ;

Parce qu'il a eu la patience, pendant des mois, de n'être pour la femme blessée que j'étais "que" "l'homme du palier", celui que je laissais entrer dans ma vie quand je le souhaitais, mais que je pouvais mettre dehors quand j'avais besoin d'être seule - mais d'être déjà tout cela...

Parce qu'il a su prendre le temps de m'apprivoiser, comme un chat sauvage et blessé, jusqu'à me réapprendre le ronronnement de bonheur et de bien-être ;

Parce qu'il a su me réapprendre, et peut-être même m'apprendre, à me sentir belle, à me sentir fière d'être celle que je suis, avec ses qualités, et avec ses défauts ; parce que, ce faisant, il m'a rendue à moi-même ;

Pour toutes ces raisons, et pour mille autres encore, au premier rang desquelles l'amour et la confiance immenses que j'éprouve pour lui, je suis heureuse que ce soit avec lui que la prochaine grande aventure de nos vies à tous les deux s'écrive....

La grande question !

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