Un monde de crobard

Pages grises et roses d'une vie ordinaire.

31 décembre 2008

Finir l'année en beauté

Nous avons passé la journée de Noël en monitoring, mais sans pour autant recevoir le plus beau des cadeaux : faux travail. Finalement, il se sera fait désirer quelques heures supplémentaires, mais je soupçonne que c'était uniquement pour donner raison à ses prévisions...

Notre petit bonhomme a finalement pointé le bout de son nez samedi matin, 27 décembre, très tôt dans la nuit, après une quinzaine d'heures de travail passées en compagnie d'une équipe formidable.

Le p'tit acrobate, 31 décembre 2008

Et nous ? nous, on plane... 2008 se finit en beauté. Je souhaite que 2009 vous et nous soit aussi belle, pleine de surprises, de douceur et d'émerveillement.

PS : Je trouve seulement vos petits mots (ça m'apprendra à consulter mon blog avant de saisir un billet !) - merci beaucoup pour toutes ces attentions, pour votre impatience à partager notre belle nouvelle, ça me touche vraiment...

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24 décembre 2008

Petit papa Noël...

Père Noël"Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec tes jouets par milliers
N'oublie pas mon petit soulier..."

Mais cette année, l'Amoureux et moi n'avons qu'un unique souhait sur notre liste, gentil vieux bonhomme : au moment où le 24 laissera la place au 25, tenir enfin dans nos bras notre enfant...

Alors, s'il te plaît, dis-lui, toi aussi, qu'il faut qu'il se dépêche, et qu'on l'attend avec impatience...

Edit du 25.12 : Eh ben le Père Noël, c'est pas un mec fiable. Là. Pfffff...

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19 décembre 2008

Espoirs... déçus

Un réveil à 3 heures et demi, une visite nocturne aux toilettes, un faux mouvement en regagnant le lit, et tout à coup, elle. La contraction. Longue et sensible - pas encore douloureuse, parce que ce n'est que la première, et que les muscles ne sont pas encore endoloris, ni tétanisés. Mais sensible, vous laissant entr'apercevoir ce que pourrait être la suite... La coopération du petit clandestin, qui suit les mains de sa maman et vient se nicher tout en bas du ventre qui l'accueille, et tape, tape, tape encore, malmenant la vessie au passage, mais qu'importe ?
La contraction est passée, le petit locataire a fini par cesser de s'agiter, tout en continuant à réagir aux caresses, et l'attente a commencé. Vaine.

Une heure et demi plus tard, nouvel espoir. Pas de contraction, cette fois, mais cette idée fixe, obnubilante, que l'état de saleté de la salle de bains et des toilettes est décidément insupportable. Oh, des envies de briquer ? mais c'est bon, ça !!
Les toilettes et la salle de bains sont désormais rutilantes de propreté, mais les vitres restent ternes et le cellier en désordre. La fatigue, écrasante, a repris ses droits.

Non, décidément, cet enfant ne naîtra pas avant son terme...

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17 décembre 2008

L'attente

L'Acrobate, sept. 2008Oh ! il n'est pas en retard. S'il était arrivé aujourd'hui, comme ses parents l'espéraient, il aurait même eu quelques jours d'avance. Non, il n'est pas en retard. Ce sont plutôt ses parents qui sont impatients désormais, sa maman, lasse et fatiguée de cette fin de grossesse. La nuit est tombée ; il ne naîtra pas aujourd'hui.

Dimanche, s'il ne s'est toujours pas décidé, il faudra aller à la maternité, pour que l'équipe de garde puisse vérifier que tout va bien. Lors de la dernière visite, le médecin a été désespérément clair : maintenant, on n'accorde plus guère que trois à cinq jours de dépassement du terme, avant de déclencher artificiellement le travail. Même là, même dans cette maternité si respectueuse des souhaits des parents et du bien-être des nouveaux-nés.

Et elle, ça ne lui dit rien qui vaille, ce déclenchement artificiel. Même si, depuis quelques jours, il y a des moments où tout élément susceptible de provoquer son accouchement lui paraît atrocement tentant... Mais elle aimerait tellement mieux que ce soit lui qui décide de venir, de lui-même ! De lui-même, mais bientôt, quand même...

Alors elle lui parle, pour lui expliquer que non, ce n'est pas de lui et de sa présence au creux d'elle qu'elle en a marre, mais de cette grossesse, avec tous ses petits maux, ses petites douleurs, sa fatigue et son inconfort. Elle lui dit leur impatience de faire sa connaissance, son envie de le découvrir, de le voir, de le toucher, de sentir son odeur, de passer à une autre dimension de cette relation qu'ils tissent depuis près de neuf mois. Elle pose ses mains sur son ventre, là, très bas, pour l'appeler. Elle repense aux cours de préparation avec ces deux sages-femmes si merveilleuses, et visualise le chemin qu'il va devoir accomplir, pour essayer de le guider, en apprivoisant ses peurs à elle, pour ne pas que lui ait peur.

Elle pleure, aussi, comme une enfant, sans savoir si c'est la fatigue, les hormones, ou un vulgaire caprice.

Et elle essaye, une fois de plus, de lâcher prise, et d'accepter que ce sera quand lui l'aura décidé...
Et elle se dit qu'à tout prendre, elle préfère encore cette solution-là à une décision imposée par la Faculté.

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15 décembre 2008

Bloquée !

Bon, c'est la poisse, ma bonne dame ! Le petit kimono pour l'Acrobate est enfin terminé, juste à temps.

Petit kimono La Droguerie, 15 déc. 2008

Enfin, terminé... presque ! Il est tricoté, ça oui, et même assemblé. Par contre, la dernière ligne des instructions du modèle me pose comme qui dirait problème. Alors je me suis dit que l'une d'entre vous pourrait peut-être m'aider.

"Dans le haut des devants, faire une grande bride à droite, une petite bride à gauche, et coudre les boutons."

Heuuuu... Moi j'veux bien, mais comment c'est-y qu'on fait une bride, déjà ? J'ai même ressorti mes crochets, mais il faut croire que ce n'est pas comme le vélo : j'ai bel et bien oublié ! Alors, les filles, une sauveuse parmi vous ??

(Et je ne voudrais pas faire mon enquiquineuse, mais ça presse un peu, en plus : ça tiraille sec dans mon bidon, depuis ce matin...)

Edit de 22h30 : hop hop, c'est fini ! Mais au risque de décevoir Plume (et Telle), ce n'est pas pour autant que l'Acrobate semble plus pressé de se lancer dans sa partie de toboggan géant !... ;-)

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11 décembre 2008

Absence

Il enchaîne des journées de 12 à 14 heures depuis trois mois, parfois cinq, parfois six jours par semaine, et n'a pas su profiter de la dizaine de jours de vacances qu'il avait au mois de novembre pour décompresser. Il va devenir père d'ici quelques jours, et oscille entre enthousiaste impatience et stress caractérisé. Il me harcèle de questions sur mon état, me répète trois fois en deux minutes trente, "tu n'as pas de contractions, tu es sûre ? Ca va, tu es sûre ?" Il est inquiet et hyper-protecteur, mais râle de devoir faire le ménage, et ne s'étonne pas que ce soit moi qui continue à faire les courses, chaque semaine. C'est un homme, plein de contradictions, souvent attentionné, pas toujours attentif.

Ce soir, il est sorti, et je ne sais à quelle heure il rentrera. J'aurais aimé une soirée de tendresse dans ses bras ; je n'aurais eu qu'une soirée à côté de lui, qui nous aurait l'un et l'autre laissés frustrés. Alors je lui ai fait mon plus beau sourire de dénégation quand il m'a demandé si vraiment, ça ne me gênait pas qu'il aille à son entraînement. Et je vais aller me coucher, seule, sans attendre le SMS qui m'annoncera que finalement, il va se joindre au reste du groupe pour un resto "de Noël".
Mais pourquoi cette envie de pleurer ??

Dur drame de pauvre petite fille riche...

Edit du 13.12, suite à vos commentaires convergents : Oh non, mesdames, pas de rancoeur - juste de la tristesse face à des différences d'envies parfois inévitables. Ce n'était pas de sa part un caprice, mais un besoin que d'aller à l'entraînement, délaissé depuis plusieurs semaines. Besoin de se dépenser physiquement, besoin d'évacuer tout le stress accumulé. J'aurais effectivement pu lui demander de rester, et il l'aurait fait, bien volontiers. Mais qu'y aurions-nous gagné ? Nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes. Nous aurions donc vraisemblablement passé la soirée côté à côte, mais pas véritablement ensemble. Et j'aurais été encore plus déçue de l'avoir fait renoncer à ce dont il avait envie pour quelque chose qui n'était pas ce dont moi, j'avais envie... Ce dont j'avais envie, hier soir, n'était tout simplement pas dans l'air du temps ; il avait besoin d'un moment pour lui, et moi, j'avais besoin de me laisser aller dans ses bras. Je progresse : je sais désormais m'en rendre compte. Qui sait ? peut-être, un jour, saurai-je également y renoncer sans pincement au coeur ??...

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Du temps pour soi

Alors non, la nuit n'a pas été bonne. Et quand le réveil a sonné, ce matin, l'agression m'a semblée insupportable. Je me suis préparée, plus lentement que je ne l'avais prévu, et j'ai changé mes plans à la dernière minute : la peste soit du tram', aujourd'hui, ce serait voiture, et basta ! Il faisait gris et froid, l'autoroute était bouchée, mon pare-brise ne cessait de s'embuer, ma carte de stationnement était vide, tout comme mon porte-monnaie, et le premier tabac auquel je me sois adressée n'acceptait ni les chèques, ni les règlements par carte bleue de moins de 20 euros. Quant au distributeur de billets le plus proche, il était bien évidemment à l'extrémité opposée de la rue. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas...

Une porte ouverte...Et puis il y a eu sa voix pleine de rire dans l'interphone, sa silhouette fine dans l'encadrement de la porte, son sourire et son entrain. Il y a eu ces quelques heures en sa compagnie, heures fugaces , entre gourmandise et papotages, moments de bien-être et de douceur.

Ce soir, je suis fatiguée, sans avoir vraiment rien fait de ma journée que de m'être laissée dorloter. Mais je n'échangerai cette fatigue-là, née de cette journée-là, pour rien au monde.
Merci, Cécile...

Crédit photo : P. Ramona

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09 décembre 2008

Clic clic, cliquète...

Un réveil trop matinal,
une visite à la maternité pour l'évaluation mensuelle de la situation,
un médecin en retard dans son planning de consultations,
et hop ! voici l'acte de naissance d'un petit bonnet tout doux !

Petit bonnet tout doux

Modèle La Droguerie, "Bonnet à revers",
in "Des bébés toutes l'année à La Droguerie".

Il est né en deux heures de temps, des restes de cachemire des écharpes tricotées pour les parents de son petit destinataire. Ben oui, le pauvre petit chat n'avait aucun bonnet digne de ce nom pour la maternité ! Je ne pouvais tout de même pas laisser mon fils attraper froid dès sa naissance, si ?!?

Le petit gilet kimono avance, lui aussi.

gilet_kimono_ladroguerie_081208_lpc

Et puisque le médecin m'annonce que tout est en ordre, et qu'il ne reste plus qu'à attendre le bon vouloir de mon petit locataire, ce qui, d'après l'examen pratiqué ce matin, n'est pas pour aujourd'hui, j'ai une chance de l'avoir terminé d'ici qu'il ne pointe le bout de son nez ! Bonne nouvelle pour moi : ça m'évitera l'étiquette infamante de mère-indigne-qui-n'a-rien-tricoté-pour-la-naissance-de-son-enfant ! ;-) Allez, d'ailleurs, mes aiguilles m'attendent !

(Telle : tu voulais savoir de quelle couleur il était ; tu vois, encore du rouge-bordeaux ! ;-))

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08 décembre 2008

Petites choses sans conséquences

Est-ce d'avoir (enfin) préparé l'essentiel des affaires qu'il nous faudra emporter à la maternité ? j'ai cru, un moment, que cette contraction inhabituellement douloureuse nous annonçait que la journée, commencée à deux, se terminerait à trois. Et puis, rapidement, m'est venue la certitude que non, cet enfant ne partagerait pas sa date d'anniversaire avec feu son arrière-grand-père.

Alors j'ai continué les préparatifs, paisiblement. J'ai lavé la deuxième écharpe de portage, après en avoir fixé les couleurs au sel et au vinaigre. J'ai repris le petit gilet kimono délaissé quelques temps au profit d'une écharpe, puis d'Internet. J'ai goûté au plaisir simple d'une journée au rythme lent, auprès de l'homme que j'aime. Et j'ai fini par ressortir la machine à coudre...

Bidon, 8 mois 1/2Il y a celles qui, avec une vieille chemise de leur amoureux, font de belles  tuniques pour leurs petits. Et puis il y a ces autres, analphabètes de la couture, qui, avec le même butin, ne peuvent, ne savent que bidouiller : un col décousu, des poignets mousquetaires découpés, des ourlets refaits, et c'est une chemise d'allaitement qui est née, sans grand miracle, sans grand mérite. Mais j'aime cette idée que bientôt, quand ce gros bidon aura un peu dégonflé, quand nous serons devenus officiellement trois, et que notre enfant me dira sa faim, c'est un petit peu de son papa qui nous enveloppera, lui et moi, pour ce moment pas tout à fait comme les autres...

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04 décembre 2008

Pesanteur

L'échéance de cette drôle d'aventure (ou plutôt, de son préambule) se rapproche, et point n'est besoin d'un calendrier pour m'en informer. La fatigue, les nuits de plus en plus mauvaises, passées à essayer de dormir en position assise pour avoir une chance que le (maigre) contenu de mon estomac ne reparte pas illico par là où il est arrivé, le souffle court, l'impression constante de pesanteur, et cette sensation toute récente de tension permanente dans mon ventre me le disent bien plus exactement encore que les savants calculs de la Faculté, que nous pensons d'ailleurs être erronés.
L'Amoureux a des réunions tous les soirs jusqu'à la fin de la semaine prochaine. J'aurais aimé qu'il puisse toutes les boucler, pour tourner sereinement la page et pouvoir se concentrer pleinement sur notre aventure ensuite. Mais je crains fort désormais que son enfant ne lui en laisse pas le loisir...
Nous ne faisons plus de projets, et les rares rendez-vous que nous prenons ces temps-ci sont tous assujettis d'un avertissement quant à un possible faux-bond de dernière minute.
Quant à moi, j'attends, paisiblement, en passant mentalement en revue tout ce qu'il reste encore à faire pour que nous soyons "prêts"...

Doudou-marionnette bio ''Ours'', ''Doudou et Compagnie''Il faudrait ranger les derniers achats, réalisés cet après-midi, produits de toilette et alèse imperméable ; laver ce qui sera sa première tenue, et le doudou bio devant lequel je n'ai pu m'empêcher de craquer, malgré une conscience aigüe qu'il ne serait qu'un parmi beaucoup de doudous sûrement plus attractifs aux yeux d'un tout-petit, parce que plus colorés ; préparer sa valise, et puis la mienne, sans oublier les papiers essentiels, carte vitale, carte de groupe sanguin et reconnaissance anticipée ; vérifier encore une fois la liste des personnes à prévenir, pour s'assurer qu'il ne manque personne, et que toutes les adresses et numéros de téléphone sont bien renseignés ; et puis, remplir encore un peu le congélateur de petits plats réconfortants, comme autant de clins d'oeil à l'Amoureux, qui sera condamné à prendre ses repas en solitaire pendant quelques jours...

D'un moment à l'autre, j'oscille bizarrement entre un sentiment de panique devant ce qu'il reste à accomplir, alors que mon petit locataire peut décider qu'il est temps de faire connaissance à tout moment, et une drôle de sérénité - la fameuse aura des femmes enceintes ?...

Posté par PtiCrobard à 17:20 - Un monde tout rond - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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