Un monde de crobard

Pages grises et roses d'une vie ordinaire.

26 novembre 2008

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre...

La JusticeIl aura fallu quelques années pour que me lancer dans cette démarche soit possible, quelques mois supplémentaires pour collecter les pièces nécessaires, et quelques mois encore pour qu'un juge, submergé de dossiers, m'accorde une audience pour statuer sur ma demande. Quelques heures d'attente encore, et ce soir, me voici "ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre", tant il est vrai que notre identité nous définit. Ce soir, alors que je n'ai encore aucun papier pour en témoigner, ma vie change, un tout petit peu, énormément...

Code civil
Livre Ier : Des personnes
Titre II : Des actes de l'état civil
Chapitre II : Des actes de naissance
Section II : Des changements de prénoms et de nom

Article 60 : Toute personne qui justifie d'un intérêt légitime peut demander à changer de prénom. La demande est portée devant le juge aux affaires familiales à la requête de l'intéressé ou, s'il s'agit d'un incapable, à la requête de son représentant légal. L'adjonction ou la suppression de prénoms peut pareillement être décidée.
Si l'enfant est âgé de plus de treize ans, son consentement personnel est requis.

(Et comme certaines choses ne changent décidément pas, il est confirmé que, malgré mon changement d'état-civil, ma scoumoune personnelle me demeure bien associée : si la connexion à Internet existe à nouveau dans mon petit monde, mon PC a décidé de faire une grève des composants... au hasard, de la carte réseau ! Grmblll...)

Posté par PtiCrobard à 21:30 - La vie en rose (et gris aussi...) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 novembre 2008

Petits maux pour grande aventure

Femme enceinteNeuvième mois, dernière ligne droite. Voilà des semaines déjà que je ne vois plus ce qui se passe sous mon ventre (même si j'ai parfois tendance à l'oublier, ce qui me vaut actuellement une jolie marque brun-rosé de la taille d'une pièce de 20 centimes, souvenir d'une rencontre brûlante avec la bouilloire, un matin de grosse fatigue...), des semaines que mes nouvelles rondeurs sidèrent l'Amoureux, toujours aussi amoureux, et qui, comme moi, se demande où mon corps va chercher toute cette énergie, toute cette matière. Des semaines que nous jouons avec notre petit acrobate, nous amusant de le voir réagir à nos sollicitations, venir se loger sous la main de son papa posée sur moi, faire l'ascenseur et monter ou descendre selon mes requêtes quand il appuie sur ma vessie ou qu'il pousse contre mon estomac, déformer la surface de mon ventre quand il fait ses cabrioles. Des semaines, aussi, que je découvre les petits maux dont peut être émaillée une grossesse, aussi tranquille soit-elle.

Car je n'avais jusque là connu aucun des affres dont peuvent souffrir certaines femmes enceintes : pas la moindre nausée lors du premier trimestre, une fatigue somme toute raisonnable, qui me laissait profiter de l'essentiel de ma vie, aucune envie étrange et persistante, qui vous obnubile et vous laisse déçue. Un (sérieux) avertissement au début de l'été, pour me rappeler que je n'étais plus seule désormais, et qu'il fallait que je me ménage un peu plus, quelques problèmes de transit, voilà tout ce que j'avais à mettre dans la colonne "éléments négatifs" de mon tableau récapitulatif de grossesse jusque récemment.
Et puis mon petit locataire a grandi, puis grossi. Il a commencé à se sentir à l'étroit dans son royaume, et a cherché à en repousser un peu plus les limites. Outre l'apparition d'un réseau violacé au nom honni sur certaines parties de mon anatomie, et ce, malgré des massages quotidiens avec des crèmes et huiles nourrissantes, j'ai alors goûté aux joies des coups de pieds dans le foie, la rate et autres organes internes (bonne méthode de révision de l'anatomie humaine, dont j'avais oublié les quelques notions acquises lors de mes études, soyons honnête), à la découverte en négatif de l'utilité du diaphragme, qui bloque les régurgitations stomacales et empêche ainsi les brûlures oesophagiennes, à la notion de réduction des capacités respiratoires pour cause de compression de la cage thoracique, et aux subtilités de fonctionnement du drainage lymphatique, notamment dans les extrémités : l'aspect gonflé de mes pieds ne se décidant pas à s'atténuer après bains de pieds, petits massages et jambes surélevées le plus souvent possible, y compris la nuit, et l'oedème s'étendant au contraire à mes jambes, j'ai fini par me résoudre à investir dans de forts sexy bas de contention. Malheureusement, les gants de contention n'ont apparemment pas fait le plein de voix lors des derniers concours Lépine, et je reste donc avec mes mains gonflées, incapables de tenir un stylo suffisamment longtemps pour tracer plus que quelques lettres. Autant dire que les longs courriers, hormis par email, on oublie tout de suite ! Et là, pas de bol, jusqu'à la fin de cette semaine, Internet, fallait oublier. Pas de ça ici ! Deux mois pour que Misericable daigne enfin répondre à nos sollicitations répétées, nous envoyer contrat, puis matériel, à la bonne adresse (ça leur a juste pris deux essais pour le premier, trois pour le second), puis activer la connexion. Eh oui, sinon, ça marche beaucoup moins bien, forcément !...
Bref, mes ami(e)s, l'heure est grave.

Parce qu'avec l'approche de la date fatidique, remontent à la surface toutes les peurs enfouies, conscientes ou non, justifiées ou non, ridicules ou non. Celle de ne pas avoir fini de tout préparer, matériellement parlant, avec que l'Acrobate ne pointe le bout de son nez. Celle de ne "pas savoir faire" (grand classique devant l'Eternel, mais qui marche toujours, je témoigne !). Celle (une fois de plus...) de ne "pas être à la hauteur". Celle de ne pas réussir à gérer les bouleversements que va occasionner l'arrivée de cet enfant, le manque de sommeil et les inquiétudes permanentes pour son bien-être. Celle, au terme de mon congé, de devoir retourner dans le même bureau pour y occuper les mêmes fonctions lénifiantes, sous les ordres de la même Mme de Trémaine. Celle de ne jamais réussir à sortir de cette situation si toxique, puisque les quelques entretiens si prometteurs que j'ai eus se sont tous soldés en fin de compte par la même réponse négative. Celle de ne jamais réussir à régler leur compte à mes vieux démons, et celle du mal qu'ils pourraient faire à cette petite vie qui se prépare en moi.
Peurs multiples, fantasmes pour les unes, dures réalités pour les autres, mais toutes contribuant à m'affaiblir et à me faire douter. Et je me sens tout à coup aussi perdue que l'étaient ces deux jolies perruches vertes blotties l'une contre l'autre sur la structure d'un toboggan pour se protéger du froid et de la pluie, hier, dans un jardin municipal. (Et depuis, la question me taraude : combien de temps pourront-elles survivre, dans cet environnement étranger ?)

(J'ai cherché pendant plus d'une heure sur le Web la source de la photo utilisée en illustration de ce billet - sans succès. Si son auteur passe par ici, qu'il n'hésite pas à me faire signe, je serais ravie de rendre à César ce qui appartient à César ! Parce que oui, je trouve cette photo magnifique, et qu'il me semble normal que le mérite en soit rendu à qui de droit.)

Posté par PtiCrobard à 11:00 - Un monde tout rond - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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