28 août 2008
"Moi je dis que les bonbons / valent mieux que la raison"
Bon, les bonbons, je n'y ai pas trop le droit (j'en suis officiellement à +10 kg depuis le début de ma grossesse, alors que je n'en suis même pas à la moitié du 6e mois. Alerte.), mais pour autant, qui a jamais prétendu qu'être raisonnable rendait heureux ? Certainement pas moi.
Donc, si je récapitule :
- je déménage ce week-end (autant dire que je n'ai pas la moindre idée de l'emplacement des cartons dans lesquels sont stockées mes -quelques, ah hem !...- pelotes de laine, et encore moins mes aiguilles à tricoter !),
- je dois absolument finir un pull homme, taille L, tricoté en jersey en 3,5 mm, et pour lequel il me reste actuellement les manches à tricoter, l'assemblage à faire, et le col à relever,
- et j'avais 36 projets layette en tête pour les semaines à venir, le petit acrobate qui prend actuellement mon bidon pour un trampoline étant prévu pour la deuxième quinzaine de décembre.
Et malgré tout ça, je n'ai pas su résister à l'appel de Fred, et au si joli blog qu'elle avait préparé pour un knit-along, alors du coup...
Ca commence mardi, 2 septembre, jour de la rentrée scolaire. Ce qui veut dire que j'ai très exactement quatre jours, dont deux après le transbordement des cartons d'un appartement à l'autre pour :
- essayer de remettre la main sur le fichier dans lequel j'avais recensé mes stocks de laine, histoire de voir si quelque chose serait susceptible de convenir,
- essayer de remettre la main sur la liste des aiguilles que j'ai déjà (il me semble bien que j'avais acheté une circulaire de 60 ou 80 cm dans les 5 mm il y a quelque temps... ou bien était-ce du 5,5 ?),
- le cas échéant, dénicher les cartons contenant les objets incriminés,
- et si mon stock ne contient aucun fil qui aille pour ce projet, en repérer un plus adéquat sur le Net, et passer commande,
- et même chose pour les aiguilles...
Mais je vous rassure, je suis suuuuuuuper zen.
Mardi, c'est ça ??
.......
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHH !!!!!...
26 août 2008
Perspectives : en attente
Aussitôt dit, aussitôt fait : si le reste est resté en souffrance, la faute à une journée qui devait être calme et qui a été remplie d'imprévus tous plus pourris les uns que les autres, j'ai tout de même réussi à voir Big Boss hier après-midi. Nous avons discuté du poste qu'il avait en tête pour moi, et il a finalement convenu qu'effectivement, la chose n'allait pas pouvoir se faire : l'accepter me laisserait sous l'autorité hiérarchique de Mme de Trémaine, et outre qu'à titre personnel, je m'y refuse, je ne me vois pas réussir à gérer une situation et des responsabilités nouvelles sans son aide et son soutien (que je n'aurai jamais, je ne me fais aucune illusion), ce qui porterait préjudice aux agents placés sous mon autorité, et à la maison dans son ensemble. Ca, plus le problème de timing lié à mon congé maternité, vraiment, je ne représentais pas un bon choix.
On m'a demandé hier si je n'étais pas déçue. En fait, dans l'absolu, je dirais presque "Dommage !", car le poste était théoriquement intéressant - encore une fois, à condition d'avoir le soutien de ma hiérarchie, et son aide pour m'épauler dans la phase d'apprentissage. Mais je n'ai pas la chance de Clothilde :-), et pour le coup, je suis plutôt soulagée. Soulagée, aussi, que les choses soient claires entre le Big Boss et moi, et qu'il ne continue pas à m'imaginer à un poste où je ne serais pas à ma place, risquant par là de nourrir un ressentiment contre moi le jour où il aurait réalisé que ça n'allait pas être possible. Soulagée, enfin, parce que je ne misais pas sur une nomination avant mon congé maternité (je ne vois pas bien l'intérêt de nommer à un nouveau poste, coûtant plus cher à la collectivité et que la personne concernée ne pourra occuper pendant un certain temps, quelqu'un qui ne sait même pas dire quand elle reviendra, n'ayant pas encore de réponse quant au mode de garde de son enfant à naître !), et qu'au fond, je n'y tenais pas, pour pouvoir garder une liberté de mouvement : j'ai jusqu'au 1er trimestre 2009 pour décider si j'ai envie de continuer à travailler pour mon employeur actuel, ou s'il ne serait pas une bonne idée de changer de crèmerie, et d'aller voir ailleurs comment les choses se passent... Pourquoi refuserais-je de me laisser cette liberté de choix ?
Alors, effectivement, je n'ai actuellement aucune perspective d'évolution, professionnellement parlant. Je suis dans une bulle, attentive à ce qui se passe autour de moi (et un peu dégoûtée quand je vois passer des annonces correspondant à ce que je cherche, juste à côté de mon nouveau chez-moi, mais "à pourvoir immédiatement"...), mais sans pouvoir agir. A moi d'apprendre à ne pas focaliser sur les opportunités manquées, pour me souvenir que "tout vient à point à qui sait attendre". J'ai pour l'instant une autre aventure à mener à bien, ô combien plus exigeante, ô combien plus enivrante aussi !...
24 août 2008
Retour
J'aurais voulu, pour mon retour après un silence prolongé, vous faire un billet bucolique.
Je vous aurais parlé des vacances, du farniente pour la première fois total, et sans ennui, à ma grande surprise. Je vous aurais raconté le soleil de Corse, le vent qui rend l'air respirable malgré la chaleur, la douce température de la piscine, puisque je n'avais pas le droit de courir les plages, le calme et la gentillesse de nos hôtes, le fromage de brebis, la confiture de figues et les canistrelli. Je vous aurais subrepticement glissé que ça y était, notre acrobate était pourvu d'une identité, le papa s'étant rangé en riant à mes arguments (éminemment scientifiques bien sûr !). Je vous aurais aussi dit le premier coup de blues au retour sur le continent, parce que le plus gros des vacances est déjà passé, et puis parce que de Nice à Toulouse, la route est longue, même quand on fait une coupure de plusieurs heures, le temps de grignoter un morceau et de rattraper des années de retard avec des cousins trop longtemps délaissés de l'Homme. J'aurais par contre glissé sur la météo instable au mieux, triste comme un mauvais jour d'automne au pire, qui rythme mes journées depuis ce jour, vu que vous êtes sûrement abonnés au même menu. Je vous aurais parlé des quelques jours passés auprès de celle qui m'a donné la vie, et chez qui mon petit locataire s'est manifesté pour la première fois. Je vous aurais dit la beauté et la paix des pinèdes colorées de bruyères, la douceur du quotidien et l'agacement à voir les jours défiler trop vite. Je ne sais, par contre, si j'aurais évoqué pour vous ma lassitude à la dernière étape du voyage, les mauvaises nuits sur un lit trop mou, les tensions avec cet homme de mon sang dont pourtant je me sens si proche, mais avec qui je n'ai cessé de croiser le fer pendant ces quelques jours, et ma hâte de rentrer, de poser enfin les valises, d'être chez moi - en oubliant que ce "chez moi" sera bien éphèmère, puisqu'un nouveau déménagement s'annonce avant la fin du mois...
Au lieu de quoi je reviens vers vous avec un billet gris, un billet couleur du temps. Un billet dans lequel je n'arrive à mettre que ma fatigue, si vite revenue après quatre journées passées au bureau, mon stress devant ce déménagement qui se prépare, presque sans moi puisque je suis interdite de cartons, mon manque d'envie pour la semaine qui s'annonce, ma peur des rendez-vous de ce début septembre...
Mon petit acrobate va bien, il gigote comme un beau diable, fait des pirouettes et des cabrioles, et réagit à nos voix et à nos caresses. Malheureusement, il réagit également à mes tensions, qui sont revenues à peu près 30 fois plus vite que je n'avais réussi à m'en débarrasser - ou comment réduire à néant en une journée de bureau les bienfaits de près d'un mois de vacances...
Alors c'est dit : je me donne la semaine pour boucler mes dossiers en cours, puisque plusieurs collègues reprennent et pourront donc assurer le relais sur le quotidien du service (répondre aux coups de fil, régler les petits problèmes qui surgissent inopinément, etc). Moi, je rédige mon rapport d'activité pour Mme de Trémaine, je lui prépare le tableau dont elle a besoin pour une réunion début septembre, je fais mes fiches pour que celui ou celle qui me remplacera sache ce qu'il doit faire, et comment le faire, je vois le Big Boss pour faire le point avec lui sur mon avenir éventuel, je range mon bureau et mes dossiers, je sauvegarde tout ce dont je veux garder une copie à titre personnel, et une fois tout ça fait, si je vois que la situation ne s'améliore pas, que je suis toujours aussi tendue, aussi sur les nerfs, je tire ma révérence.
Maintenant, si dans la théorie, je suis tout à fait convaincue, il suffit que j'essaye de m'imaginer devant le médecin, et je perds tous mes moyens. Alors, si l'une de vous pouvait me donner une méthode pour surmonter ma mauvaise conscience et mes scrupules, je serais preneuse...


