Un monde de crobard

Pages grises et roses d'une vie ordinaire.

17 juillet 2008

Dernière ligne droite

Nous avons retrouvé avec un mélange de plaisir et d'appréhension les murs en loupe vernie, bruns et jaunes, sombres et peu avenants, les canapés si profonds et si moelleux qu'ils me font à chaque fois me demander comment je ferai pour en ressortir, dans quelques mois, dans quelques semaines, et la mine un peu austère de ce spécialiste pourtant si gentil. J'ai à nouveau senti la froide onctuosité du gel sur mon ventre, pendant que j'essayais de résumer, de manière à la fois brève et complète, les petits et les gros détails de ma vie depuis notre dernière visite. Et puis sa silhouette est apparue à l'écran, gigotant déjà, avec la tâche sombre et mouvante d'un petit cœur qui bat, provoquant en nous la même émotion que les fois précédentes.

Il va bien. Très bien. Au fond, cette information-là était la seule que j'étais venue chercher ; le reste, c'était du bonus.
En l'occurrence, le bonus s'est plutôt avéré être un malus.

Car l'acrobate va bien, mais.

L'acrobate va bien, mais il est à la merci du premier choc, de la première tension un peu trop forte que je subirai, physiquement ou psychologiquement. Placenta praevia, aucune évolution depuis la première échographie. Au premier pépin, je risque l'hémorragie, et un déclenchement prématuré de l'accouchement. Et mon petit acrobate n'est tout simplement pas prêt pour ça.
Alors il ne s'agit plus d'une recommandation, mais d'un ordre, ou plutôt d'une liste d'interdictions longue comme un jour sans boire : éviter les marches trop rapides ou trop longues, ne pas courir, ne pas sauter, ne pas forcer, ne faire aucun sport, éviter tout effort, tout stress, tout choc, physique ou émotionnel... En un mot comme un cent : y aller mollo, et prendre soin de moi, et de l'enfant que je porte.
En cas de manquement aux consignes, et à la prochaine alerte, c'est l'alitement total, non plus dans le confort de mon canapé, mais à l'hôpital.

Avec tout cela, nous avons tout de même eu le feu vert pour partir en vacances, puisque nous avions prévu de couper la route en nous arrêtant un week-end chez des amis. J'imagine que la faculté se sera dit que nous interdire ce repos auquel nous aspirions tant l'un et l'autre ne contribuerait pas à améliorer la situation...

Demain midi, nous prendrons donc la route pour quatre semaines de vacances, d'abord sur l'Île de Beauté, puis sur le continent. Il faudra ensuite reprendre le chemin du bureau pour moi, et remettre le nez dans les cartons pour lui : le déménagement est prévu pour la fin du mois d'août.

Je vous abandonne donc à nouveau pour quelques temps, aucun accès à Internet n'étant prévu dans un futur proche. Prenez soin de vous pendant cet été que je vous souhaite aussi beau et agréable que possible, et à bientôt !

Plage de Saleccia

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11 juillet 2008

Petits maux et grands remèdes

Les premiers mois s'étaient bien passés. Trop bien, peut-être : j'avais eu tendance à oublier que je n'étais pas seule, et que, sans être malade ni souffrante, il fallait désormais que j'apprenne à "lever le pied", un peu, à arrêter de courrir et de m'agiter.

Il y a eu un aller-retour en province, le temps d'une fête de famille, le temps de quelques heures de bonheur, à voir (presque) tout le monde enfin réuni après des mois et des années de déchirements. Il y a eu la joie de revoir certaines têtes, le plaisir d'en découvrir de nouvelles, le bonheur simple de voir ceux qui sont mon sang heureux de mon ventre qui déjà s'arrondit, heureux de ma belle aventure, heureux de voir une page noire de ma vie se tourner enfin, pour laisser place au plus beau des chapitres. Il y a eu une soirée trop longue, sans doute, un peu trop de danse, sûrement, pas assez de repos, indubitablement. Et, au retour, la reprise de ces tiraillements dans le bas-ventre.

Il y a eu trois jours presque normaux au bureau, malgré les tiraillements, et puis, un après-midi, cette douleur fulgurante, et le soir, ces traces, si légères, mais si irrémédiablement rouges. Il y a eu un appel chez le médecin, le lendemain matin, et le verdict : "on ne prend pas de risque, vous filez à la maternité". Il y a eu mon premier contact avec cet endroit qui verra naître mon enfant, il y a eu l'attente, longue, et la visite de contrôle, pénible. Il y a eu la bonne nouvelle : "le coeur bat, 140 pulsations par minute, c'est bien... pas de problème au niveau du liquide amniotique, pas d'hématome apparent. Bien.", et il y a eu la grimace qui inquiète. Il y a le placenta, toujours très bas, trop bas. Et les douleurs qui persistent. Spasfon, Doliprane, Magné-B6 - que faire d'autre, à part attendre ?

Depuis, il y a le canapé, en attendant la 2e échographie, celle qui nous dira s'il y a eu une évolution au niveau du placenta. Il y a la frustration de savoir qu'il faut rester allongée, quand on n'a pas l'impression d'être "malade". Mais, comme des piqûres de rappel, il y a, toujours, ces tiraillements et cette douleur sourde, dès que la position verticale ou assise se prolonge un peu trop longtemps...

Posté par PtiCrobard à 10:00 - Un monde tout rond - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juillet 2008

Tempo fugit

Les jours et le temps passent. Juin est venu, et déjà, juin s'en est allé.

Juin. Le mois des vacances d'été toutes proches, des températures clémentes, des jours plus longs. Le mois des envies de nouvelles petites robes, des rêves d'après-midi en terrasse, d'école buissonnière. Le mois des premiers pique-niques, des barbecues avec les amis, le mois des fraises et des framboises, fruits-stars de toutes mes tartes d'anniversaire d'enfant. Car oui, juin, le mois de ma naissance. Juin, sûrement mon mois préféré, sûrement pour toutes ces raisons, et pour plein d'autres encore.

Et puis, juin, c'est le mois des cadeaux. Ceux à l'apparition desquels on s'attend un peu, rapport à la bougie de plus sur le gâteau (même quand, le jour dit, on n'a croisé ni l'ombre d'un gâteau, ni la silhouette d'une bougie), mais qu'on découvre toujours avec le même plaisir enfantin. Peut-être parce que mes proches, parents et amis, savent que pour moi, rien ne vaut la surprise - c'est-à-dire la reconnaissance de l'effort qu'ils ont mis à chercher et trouver quelque chose qu'ils ont jugé susceptible de me faire plaisir. Alors il y a les tricheurs, ceux qui vont piocher dans une "wish list" Amazon, et en rapportent ceci :

Les bordures en tricot

Intemporels pour bébé

La pédagogie Montessori à la maison

Et puis qui se consolent que leur surprise ait été éventée quand j'ai consulté ma liste pour y ajouter de nouvelles envies, en sortant fièrement de leur manche un petit cadeau rapporté d'un récent voyage à l'étranger, dans la veine de ceci...

Coeur en verre de Murano

Il y a ceux (ou plutôt celles) qui pensent "utile", qui pensent "pratique", qui pense "petits bobos de femme enceinte", et qui investissent pour mon confort dans un surmatelas qui me permettra de passer de meilleures nuits...
Il y a, aussi, celles qui connaissent mon goût immodéré pour les livres, et font d'une pierre deux coups...

100 petites expériences de psychologie pour mieux comprendre votre bébé

Et puis il y a ceux qui décident de s'inviter pour la fête, et qu'on rencontre avec le coeur dans les étoiles...

Petit(e) acrobate
Et hop ! un p'tit coucou au passage !...

Quand je vous dis que juin, c'est le mois des cadeaux, sûrement mon mois préféré... Vous avouerez qu'il y a de quoi, non ?!?

Posté par PtiCrobard à 14:15 - La vie en rose (et gris aussi...) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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