Un monde de crobard

Pages grises et roses d'une vie ordinaire.

09 février 2008

La lucarne maudite

En écho à un billet d'elle...

TéléviseurJ’ai d’abord grandi sans le droit de la regarder : parfois le mardi soir, quand les grands films passaient encore le mardi soir, commençaient à 20h35, et se terminaient à une heure encore à peu près raisonnable pour des enfants, même des enfants qui n’avaient pas école le lendemain ; le dimanche, en début d’après-midi, Starsky et Hutch et puis Magnum, tout le monde vautré sur le lit des parents ; parfois, le samedi soir, pour un film ou pour Disney Channel, Jean-Pierre Foucault et Mélodie, la bagarre pour avoir le droit à la place tout contre Maman, dans son lit…
Et puis les années ont passé, et la discipline s’est assouplie. Rien à faire : elle ne m’attirait pas vraiment, et je continuais à lui préférer les livres. De temps en temps, les échos d’une série ou d’un film me faisaient sortir de ma tanière, et rejoindre le reste de la fratrie devant son écran. Souvent, je me relevais déçue et un peu écoeurée, en étant restée plus longtemps là que je ne l’avais prévu. Perfide lucarne, qui vous endort par ses couleurs et son agitation perpétuelle !
Etudiante, il ne m’est même pas venu à l’idée d’en chercher une, ni à acheter grâce à l’argent gagné dans mes petits boulots, ni à me faire offrir par mes parents. De temps en temps, l’envie de voir un film m’emmenait jusqu’à un cinéma. Pour les informations, j’avais la radio, et les journaux en salle de documentation ; pour le reste…
La télé est revenue dans ma vie en même temps que mon ex y entrait pour de bon. Quand nous avons été ensemble, j’ai eu la télé à la maison ; à chaque fois que nous nous sommes retrouvés séparés, j’ai retrouvé son insignifiante absence.
Mon père s’est offert un écran plat il y a quelques mois, et m’a proposé son ancien poste, un grand téléviseur à tube de bonne marque. J’ai accepté ; à ce jour, je me demande encore pourquoi.

Parce qu’au fond, je n’aime pas la télévision. Je me sais faible devant elle, je connais son caractère hypnotique, l’habitude si vite prise d’appuyer sur le bouton de la télécommande quand une minute s’annonce vide, et le temps qui file, sans qu’on s’en aperçoive, pendant qu’on zappe d’un truc qui ne nous intéresse pas vraiment sur un autre qui nous intéresse moins encore, via un programme qui nous énerve carrément par sa bêtise ou son côté si évidemment manipulateur, voyeur, ou infantilisant… Et, au bout, le même écoeurement qu’il y a dix, quinze, vingt ans, devant tous ces possibles au nez desquels on a fermé la porte, pour l’illusion d’un divertissement qui n’en fut même pas un.

Chez moi, la télé est rarement allumée. C'est encore comme ça que je la préfère.

Posté par PtiCrobard à 17:15 - Divagations diverses - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    Si tu n'étais pas déjà dans mes favoris, je t'ajouterais, toi ! C'est bon de se laisser surprendre par ceux qu'on croit connaître.

    Je ne pouvais pas regarder la télévision, encore moins que toi (que Winnie l'ourson le dimanche matin). Je ne regarde plus du tout actuellement. La preuve, j'ai voulu regarder "Figaro" l'autre soir, j'ai prévenu tout le monde une semaine avant (en fait, juste M. Tell...) et résultat : l'image était très mauvaise à cause du brouillard et je suis revenue à mon ordi, presque soulagée finalement !
    Complètement d'accord avec toi, sur toute la ligne.

    Plein de bises.

    Posté par telle, 09 février 2008 à 19:52
  • Je la regarde peu mais parfois je le regrette car il y a quand même quelques bonnes émissions ...Je me sens plus vivante en regardant un livre ou en écrivant

    Posté par gazou, 10 février 2008 à 08:54
  • oh j'avais les mêmes "droits" télé quand j'étais pet'te!

    Posté par Mema, 11 février 2008 à 21:42
  • certains traits de mon histoire rejoint la tienne, je pense que nous avons sensiblement le même âge...
    Ici elle existe mais plus souvent éteinte qu'allumée !

    Posté par Emmanuelle, 12 février 2008 à 19:34

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